Où investir l'argent de la vente de sa société ?

Après la vente de sa société, le choix du remploi compte autant que la cession elle-même
Vendre son entreprise est l'aboutissement de plusieurs années de travail. Ce qui suit l'est tout autant : décider où placer le produit de cession change la trajectoire patrimoniale pour les dix ou vingt prochaines années, souvent avec un délai contraint quand un dispositif fiscal comme le 150-0 B ter est en jeu. Chaque classe d'actifs répond à une logique différente : sécurité, liquidité, diversification, ou accès à une création de valeur active. Les comparer sans filtre marketing est la première étape avant d'arbitrer.
Livret A, LDDS, fonds euros : la sécurité, au prix du rendement
Le Livret A, relevé à 1,70 % depuis le 1er août 2026, et les fonds euros d'assurance-vie, qui ont servi en moyenne 2,65 % en 2025 selon France Assureurs, restent les placements les plus sûrs et les plus liquides. Ils conviennent à une trésorerie de précaution ou à une poche à mobiliser rapidement. Mais une fois l'inflation et la fiscalité prises en compte, ce rendement laisse peu de marge de progression réelle du capital. Pour un produit de cession significatif, ces supports ont leur place comme tampon de liquidité, rarement comme destination principale du remploi.
Immobilier (SCPI, direct) : un rendement affiché, une réalité plus nuancée
Le taux de distribution moyen des SCPI a atteint 4,92 % en 2025, en progression depuis 2022 (4,53 %), selon les données ASPIM. Ce chiffre rassure, mais il ne mesure que les revenus locatifs distribués : la valeur des parts elle-même a reculé de 1,8 % en 2025, après une baisse de 5,8 % en 2024. Le rendement total net, une fois cette variation de capital intégrée, est donc sensiblement inférieur au taux affiché. L'immobilier concentre par ailleurs le remploi sur un nombre restreint d'actifs, exige une gestion continue et se revend lentement. Pour qui envisage un remploi sous 150-0 B ter, la réforme entrée en vigueur le 21 février 2026 exclut désormais la quasi-totalité des activités immobilières de l'éligibilité au dispositif : un argument de poids qui s'ajoute aux limites structurelles déjà connues.
Marchés cotés (PEA, compte-titres) : liquide, mais sans sélectivité ni accès propriétaire
Investir en actions cotées via un PEA ou un compte-titres offre une liquidité quasi immédiate et une diversification large, à moindre coût de gestion. C'est un véhicule pertinent pour une partie du capital. Sa limite tient à sa nature même : les marchés cotés sont efficients, donc largement arbitrés, et n'offrent aucun accès à un deal flow sélectif ni à une création de valeur opérationnelle comparable à celle d'un investisseur qui s'implique dans les entreprises qu'il finance. Un dirigeant qui vient de construire et de vendre une entreprise retrouve rarement, dans un portefeuille d'actions cotées, la même logique d'investissement que celle qu'il vient de pratiquer lui-même.
Private equity : la création de valeur active, la diversification par le deal flow
Un fonds de private equity investit dans un portefeuille de plusieurs dizaines d'entreprises non cotées, réparties sur plusieurs secteurs et stades de maturité. Selon l'étude France Invest / EY sur la performance nette du capital-investissement français à fin 2025, le TRI net atteint 10,7 % par an sur dix ans, et à 10,8 % depuis l'origine ; pour les fonds levés depuis 2008 et intégralement liquidés, le multiple net ressort à 1,91x. Ce sont des moyennes de marché, pas une promesse de rendement futur : la performance d'un fonds dépend de sa sélectivité et de sa discipline d'exécution, pas de la moyenne du secteur. Mais structurellement, c'est la seule classe d'actifs qui rémunère une croissance opérationnelle active plutôt que la détention passive d'un bien, et qui prolonge, pour un ancien dirigeant, une logique d'investissement déjà familière : miser sur des équipes et des entreprises, pas seulement sur un bilan.
Pour un remploi sous 150-0 B ter, le private equity reste pleinement éligible après la réforme de 2026, à la différence de la plupart des montages immobiliers désormais exclus. Le quota de réinvestissement obligatoire, passé de 60 % à 70 % du produit de cession, se couvre en une souscription à un fonds diversifié, sans concentrer ce montant sur un seul dossier.
L'approche de Founders Future
FF Conviction Entrepreneurs est notre véhicule de co-investissement dédié aux professionnels de la gestion de patrimoine, éligible au 150-0 B ter, avec un ticket d'entrée à partir de 100 000 €. Il offre une exposition immédiate à l'ensemble de notre deal flow, réparti entre early-stage et growth, sur six secteurs : l'AI, la transition énergétique, le B2B software, la santé, la défense et la fintech. Fondée en 2018 par Marc Menasé, entrepreneur en série et fondateur de France Digitale, Founders Future opère depuis Paris et San Francisco, avec de vraies équipes des deux côtés de l'Atlantique.
Notre portefeuille en est la preuve, au-delà du seul réflexe Databricks : Harmattan AI en défense, Perplexity, Waterdrop, Function Health, Saronic, AMI Labs aux côtés de Yann LeCun, Veesion, Riot, Conduktor, Raidium. Des LP institutionnels comme MACSF, la famille Dassault ou le groupe CMA CGM nous font déjà confiance. Chaque dossier est instruit par une équipe hybride d'investisseurs et d'opérateurs, avec une exécution rigoureuse et pilotée par la donnée : seule une fraction des dossiers analysés chaque année est retenue.
Il n'existe pas de réponse unique à la question du remploi. Il existe une méthode : clarifier l'horizon de placement, la part de liquidité nécessaire, et l'éligibilité fiscale recherchée, avant de répartir le capital entre ces classes d'actifs plutôt que de miser sur une seule.
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Sources : Rendement en hausse pour les fonds euros en 2025 ; Taux du Livret A 2026 ; SCPI : le taux de distribution atteint 4,92 % en 2025 ; Étude sur la performance nette du capital-investissement français à fin 2025 | France Invest ; L'apport-cession (article 150-0 B ter) : un dispositif durci en 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.


